« Un croisement entre un croissant et un palmier. C'est sucré, mais pas de manière envahissante, et contient probablement plus de beurre que de raison, ce qui veut dire que c'est un fichu bon gâteau. »
C'est ainsi que le guide new-yorkais Eater décrit notre bon vieux kouign amann, gâteau au beurre. « La pâtisserie la plus grasse de toute l'Europe, une sorte de croissant, pourvu de couches supplémentaires de beurre salé calées dans le feuilletage, et d'un enrobage croustillant de sucre caramélisé », précise le blog voyages du New York Times.
Le meilleur en Californie
Ces jugements, très exagérés bien sûr, sur les supposés apports caloriques du gâteau breton, n'ont semble-t-il pas fait peur aux consommateurs de hamburgers. Le kouign amann est devenu très tendance Outre-Atlantique. Un hebdomadaire de Californie lui a décerné le titre de « meilleure pâtisserie de petit-déjeuner ».
Quant aux contributeurs du Huffington Post, ils le classent en seconde position dans le Top 10 des foodies préférées en 2011 par les « hipsters », cette classe moyenne-supérieure de jeunes urbains âgés de vingt à trente ans. Seule la poutine québécoise, subtil et léger mélange de frites, de cheddar et de sauce barbecue, devance notre kouing amann, « cupcake » breton prononcé « koo-een yah-mon ».
Chez nous, Douarnenez-Tréboul revendique la paternité et l'excellence du vrai kouign amann. Aux États-Unis, le meilleur serait fabriqué par une boulangerie californienne d'Oakland. Dans Soho, quartier branché du sud de Manhattan, Dominique Ansel, un chef français passé par chez Fauchon, vend ses petits kouign-amann à 5 dollars. Comme des petits pains. Dès midi, assure-t-il, sa production du jour est partie !
Cette vogue, Outre-atlantique, du fleuron de la pâtisserie bretonne n'est pas sans en rappeler une autre. Au milieu des années 1990, la société branchée japonaise, toujours à la recherche de nouvelles sensations gustatives, s'était aussi entichée de notre kouing amann armoricain. Le géant de la boulangerie industrielle nippone, Yamazaki, en fabriquera des centaines de milliers, distribués dans les chaînes de supérettes sous le nom... « Gâteau au amann ». Une improbable association marketing du « bon goût » français et du « typique » breton, mais un succès fou. À tel point que les boulangeries de luxe devront aussi s'y mettre.