La météorite venue du néant qui a explosé au-dessus de la Bretagne se serait écrasée dans sa commune. À Néant-sur-Yvel, aux portes de la forêt légendaire de Brocéliande.
+ Voir aussi : notre vidéo sur le sujet et la carte des témoignages recueillis par Ouest-France
« C’est un don du ciel, mais il ne va pas être facile à trouver… » La semaine dernière, Philippe Louapre a reçu la visite du directeur de l’Espace des sciences de Rennes, Michel Cabaret. Il lui a appris que la météorite qui a explosé au-dessus de la Bretagne, le 19 juillet, aurait atterri dans sa commune, à Néant-sur-Yvel et que, plus ancienne que le soleil, son étude serait très intéressante pour les scientifiques.
Une pierre noire et brillante
« J’ai été surpris par la précision de leurs calculs. Grâce à une vidéo, ils savent qu’elle serait entrée par Paimpont et qu’elle se serait écrasée dans un rayon de quatre à cinq kilomètres du bourg de Néant. » Oui mais voilà, que peut faire notre maire et son petit millier d’administrés… La chercher ? « Ce n’est plus chercher une aiguille dans une botte de foin, c’est la chercher dans un camion de foin ! » La commune fait 32 km2. Soit 3 200 hectares, avis aux amateurs de chasse au trésor…
Notre maire se contentera de sensibiliser les agriculteurs, qui s’apprêtent à couper les maïs, les chasseurs et les cueilleurs de champignons pour qu’ils ouvrent l’œil. « C’est une pierre noire et brillante grosse comme une balle de tennis, voire comme un ballon, qui pourrait s’être fragmenté en trois à quatre morceaux. Et son impact a pu former un cratère. »
Une terre de légendes
Des cailloux, il en a déjà reçus à son bar restaurant qu’il tient au cœur du bourg. « Des blagues de clients… », sourit-il. C’est que cette météorite qui vient du néant et qui a atterri à Néant, ça fait causer ici. « Néant signifiait ciel, paradis en breton, d’ailleurs, le village de Ker Neant est celui le plus élevé de la commune, le plus proche du ciel. » Un nom qui n’a pas toujours été pratique pour le courrier. Pendant la Seconde guerre mondiale, lassés de voir le courrier estampillé « Néant » détruit, les Allemands ont ajouté le suffixe sur-Yvel.
Et l’Yvel, qui coule ici, traverse une forêt habituée aux phénomènes surnaturels dont Néant est l’une des portes, la forêt de Brocéliande qui abrite la fontaine de Barenton. La légende raconte que si l’on jette de l’eau sur son perron, le ciel nous tombe sur la tête. Quelqu’un a dû y jeter un caillou…
« Néant-sur-Yvel terre de légende », prévient un panneau à l’entrée de la commune. La météorite pourrait bien en apporter une de plus au pays de Merlin l’enchanteur.