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Les Lavognes
Les pâturages de la commune du Viala du Pas de Jaux sont situés sur la partie Ouest du plateau du Larzac. Dans ces terres à sous sol calcaire perméable, on ne troue aucune source
(exception de Font Rome).
Les eaux courantes les plus voisines sont pratiquement inaccessibles. L'Annou qui passe à St Paul de Fonts prend naissance au bord du plateau, au bas d'une falaise de 200 mètres et le cours d'eau
le plus proche et le Soulzon qui se trouve à 7 Km du Viala.
Avant 1900, les troupeaux ne trouvaient leur eau d'alimentation que dans des lavognes creusées dans des endroits argileux. Ces mares tarissaient tous les étés et il en résultait des pertes
énormes sur l'élevage des troupeaux et le rendement de lait.
Pour corriger ce fâcheux état de choses, les habitants du Viala du Pas de Jaux ont décidé de faire construire en 1905, deux mares-abreuvoirs étanches, appelées sur le plateau lavognes dont la capacité totale est de 1000 m3. Ces deux lavognes se situent à chaque entrée du village : La Lavagnette en direction de Tournemire et Le Lavagnol en direction de l'Hospitalet.
Devant l'extension croissante de l'élevage, ces mares se montrent rapidement insuffisantes. Aussi les agriculteurs du village décident d'en faire construire deux autres dès 1910. Les deux
mares à construire, l'une à Font Rome et l'autre aux Espèrandious, seront situées de part et d'autre du village, chacune en une position centrale par rapport aux pâturage, au voisinage des
chemins suivis par les troupeaux. La construction de ces deux mares porta un total de 1450 m3 d'eau pour les troupeaux de la commune comptant à l'époque 2879 têtes.
Lavogne de Font Rome
Les mares sont en forme de cuvette bâties en pierres jointoyées au ciment. Ce type offre l'avantage de former un passage qui résiste aux pieds des animaux et la pente douce des abords limite le risque de glissement et de chute des animaux.
Lavogne sur le causse de Sauveterre
Une lavogne nécessite de l'entretien pour rester efficace : en cas de période sèche, le niveau baisse et l'eau peut totalement disparaître, mettant l'argile à l'air libre. Celle-ci sèche en se rétractant, formant des polygones de dessication qui fracturent la couche et la rendent perméable. Autrefois, le piétinement régulier des bêtes qui venaient boire en accompagnant le retrait de la mare au fur et à mesure de son évaporation cassait les polygones et en refaisait de la poudre qui à la première pluie reformait une belle argile bien étanche. Mais les lavognes sont de moins en moins utilisées avec l'arrivée progressive de l'adduction d'eau, même dans les lieux reculés des plateaux. Alors l'argile n'est plus piétiné, les fonds de lavognes deviennent poreux et si l'agriculteur ne les refait pas lui-même, elles ne tiennent plus l'eau et disparaissent peu à peu du paysage..
Lavogne sur les causses du Larzac